L'Association Chili, Culture et Solidarité soutien
le mouvement social Ñuble Libre.

Lors de l’assemblée générale en 2015, l'équipe Chili, Culture et Solidarité a décidé de soutenir un projet de développement durable sur le long terme.  Le défi le plus important pour nous, est de contribuer à améliorer la vie d’une population. Nous sommes à l’idée qu’un petit groupe de personnes peut provoquer un impact énorme sur les citoyennes et ailleurs.

 
 
UN MOUVEMENT SOCIAL POUR LA DÉFENSE DE LA RIVIÈRE ÑUBLE
 
Cette organisation naît en 2014 et vient donner forme à un travail de plusieurs années d’opposition à la construction du projet du Barrage "Embalse Punilla" et de la centrale hydroélectrique Hidroñuble. Le mouvement figure comme Organisation Communautaire Fonctionnelle, régie par la loi 19.418 sous le nom de "Mouvement Social pour la défense de la rivière Ñuble", et sous le nom informel de "ÑUBLE LIBRE".

« Sa mission, la défense légale et la prise de pouvoir d’une communauté en apportant des outils qui permettent un véritable développement durable et à long terme qui assure un écosystème sain et et des sources de travail pour les générations actuelles et futures en mettant en évidence l’immense valeur du territoire, tant sur les plans écologique et social que sur le plan de la productivité. Nous agissons pour que les actions juridiques soient considérées pour attaquer les sévères déficiences, irrégularités et actes illégaux détectés. Il s’agit de dénoncer toutes ces entreprises qui rivalisent pour des projets de plus en plus chers, de moins en moins rentables et de leur montrer le potentiel de conséquences judiciaires à leur encontre.  Conséquences juridiques. De plus, nous nous organisons et collectons des fonds pour aider des familles qui ont subi les conséquences du projet Hidro ñuble et qui se retrouvent sans travail.

C'est un conflit dans la vallée du Ñuble  d’une problématique d’envergure mondiale ».

ANTÉCÉDENTS AU CONFLIT DU ÑUBLE.

San Fabián de Alico, de la province du Ñuble, dans la région du Bio-Bio (sud du Chili), est un paisible village qui abrite environ 1500 habitants dans sa zone urbaine et à peu près autant dans sa zone rurale. Tout comme une partie de ce territoire, la commune a été nommée par l’UNESCO Réserve Mondiale de l’Homme et de la Biosphère (Nevados de Chilán, le lac de Laja). On se situe ici aux confins de deux grandes régions boisées : les bois sclérophylles de la région du Chili Central, et les bois verdoyants du sud du pays, générant ainsi la plus grande biodiversité d’espèces arboricoles de tout le pays. De telle manière que ce territoire abrite des espèces animales en voie d’extinction comme le guigna, le chat colocolo, le vizcacha. Il est important d’insister sur la présence du Huemul (hippocamelus bisulcus), cervidé de l’espèce la plus australe au monde, déclaré monument naturel du Chili par un décret de 2006. Son actuel environnement est limité à la Patagonie où on en dénombre 2000 spécimens, et une petite population de 40 spécimens ici. Dans ce territoire habitent majoritairement des paysans et des montagnards qui consacrent leur vie à l’agriculture, l’élevage, l’exploitation des ressources naturelles telles que le bois, l’artisanat ou l’apiculture. La venue du tourisme a fait croître ces activités de manière exponentielles depuis ces dernières années.

Le Ñuble est un ruisseau qui prend source dans la commune de San Fabián, dans les glaciers du complexe volcanique du Nevados de Chillán. C’est une rivière tranquille qui suit son cours librement pour se jeter dans l’Itata au niveau de la Vallée Centrale. Durant cette dernière décennie elle a été reconnue pour toutes les activités sportives que l’on peut y pratiquer comme le kayak et le rafting (pour exemple le festival de « Aguas Blancas Ñuble fest »), la pêche sportive, l’escalade sur roche, sans compter l’arrivée de nombreux touristes qui y affluent, et choisissent ses couleurs turquoise et ses émouvants paysages comme lieu de trekkings, de promenades à cheval ou à vélo, les menant vers des lagunes des marécages qui paraissaient jusque-là inconnues. San Fabián et tout le bassin du Ñuble a tous les éléments à portée de main pour une économie basée sur le développement local, sain et durable, en harmonie avec l’environnement, assurant un espace de vie et de bien-être pour les générations actuelles et futures.

LES MEGAPROJETS

Il existe actuellement dans la commune trois mégaprojets qui menacent l’équilibre écosystémique du bassin du Ñuble ; deux déjà avalisés et un en cours d’études.

 

PROJET DE CENTRALE ÑUBLE PASADA

Projet de l’entreprise Eléctrica Puntilla S.A, société contrôlée par l’association de Canalistes de la vallée du Maipo, et en particulier par la famille Pérez-Cruz. Il s’agit d’une centrale d’un potentiel de 136 Mégawatts, avec une moyenne de 620 Gigawatts heure par an. Avec sa résolution de qualification environnementale avancée (RCA en espagnol), autant pour la centrale elle-même que pour son réseau électrique, les travaux de réalisation de ce projet ont commencé en novembre 2014, sans tenir compte de travaux préalables qui étaient établis dans cette résolution, à savoir, l’amélioration de la route N31 qui incluait l’élargissement de la chaussée et le renforcement de trois ponts de bois, la construction du campement destiné à loger et à alimenter les ouvriers... etc.

La construction de cette centrale a détérioré de manière significative les conditions de vie de tous les habitants de cette zone d’influence directe ou indirecte, dont la majorité sont des personnes âgées qui ne peuvent plus vivre en paix en raison du bruit, de la poussière, des vibrations incessantes engendrés par le passage continu et les travaux des engins, des camions, des bus et des camionnettes. Plus de 25 actions légales s’opposant à ce projet sont recensées. Des dénonciations contre une ingérence sur l’environnement pour non accomplissement de la résolution RCA, pour extraction illégale de pierres du lit de la rivière, pour édification et utilisation du campement des travailleurs sans aucune autorisation de construire, depuis avril 2014. Les riverains et 3 organismes communautaires ont porté plainte pour dommage à l’environnement contre l’entreprise, pour la taille illégale de la forêt endémique protégée par la loi. 

 

Au mois d’octobre 2015, le projet a dû être arrêté : des différends et des relations mauvaises, entre l’entreprise Hidroñuble SA (filiale de Eléctrica Puntilla) et l’entreprise Vial Viles DSD (entreprise chargée de la construction des travaux civils de la centrale), auraient appuyé sur la gâchette d’une  rupture anticipée de ce contrat. Eduardo Morel, frère de Cecilia Morel et beau-frère de Sébastien Piñera (ex président du Chili), reprend la direction générale de Hidroñuble. Dès la fin novembre 2015, il ne restait presque plus de machines ni de travailleurs sur le territoire. En mars 2016, l’entreprise inclut une première consultation de pertinence qui considère une augmentation à 130% de la superficie d’intervention du canal, affectation directe de 10 riverains qui devront être expropriés, augmentation de 550 à 1500 travailleurs, et une augmentation de 410 000 mètres cubes de décombres. En avril, les travaux recommencent avec des nouvelles entreprises Agrosonda y Tambo, les communautés et organismes, avec le soutien de la Municipalité de San Fabián, déposent encore des plaintes, pour faute professionnelle et mauvais agissements de l’entreprise durant la phase de construction (déversement de déchets toxiques dans les eaux du ñuble, mise en danger de la sécurité des communautés à travers l’usage mal approprié d’explosifs... etc)  En 2016, une décision définitive a été prise , mais un lobby politique semble avoir la mainmise sur ce projet.  Le conflit devient insupportable. La députée Loreto Carvajal obtient le soutien de Michelle Bachelet (actuelle présidente du Chili) en faveur de la défense de l’environnement du territoire du Ñuble.

PROJET DE BARRAGE PUNILLA

Le titulaire de ce projet est le Ministère des Œuvres Publiques du gouvernement chilien (MOP). Il obtient sa RCA le 16 novembre 2010, après six ans d’études et d’évaluations. Le projet consiste en une construction d’un barrage multifonctionnel, avec une centrale hydroélectrique d’une puissance de 94 Mw et de plus de 600 milliards de mètres cubes d’eau, destinés à encourager encore plus un modèle de monocultures extensives en superficie et intenses en terme d’utilisation de produits chimiques. On prétend construire un mur de 136 mètres de haut (plus haut encore que la tour de Entel à Santiago du Chili) et de 500 mètres de large, à seulement 8 kilomètres en amont de l’embouchure de la Centrale ñuble, ce qui menace d’inonder les 1700 hectares de la Réserve Biosfera. Cela obligerait des familles entières habitant la cordillère à abandonner pour toujours leur foyer, leurs terres, leur style de vie montagnard, leur milieu social et leurs rêves de développement de ces merveilleux paysages. Ce barrage porte directement préjudice à une population du nord de Huemules puisque la zone inondable et la zone d’influence du projet impactent et diminuent considérablement leur territoire. Le secteur de La Punilla, où l’on prétend placer le mur de contention, est à quelques kilomètres à peine du complexe volcanique du Nevados de Chillán, numéro 7 dans le classement des 90 volcans les plus actifs du Chili ; et cette zone est cataloguée comme Zone Rouge, à haut Risque, sur la dernière carte publiée par le SERNAGEOMIN (service national de Géologie et des minerais).

Le processus d’évaluation environnemental s'est développé avec une accumulation d’anomalies. En outre, le plan d’actualisation du milieu social n’est toujours pas conclu, alors que des centaines de personnes sont directement menacées par le projet et se trouvent toujours dans l’incertitude à propos des mesures de compensation, de réparation, de mitigation, et à propos du plan de relogement, dans la mesure où le projet a été rendu légal mais que les procédures mettent en évidence le manque d’intérêt pour le mener à bien en raison des innombrables fautes également au niveau de l’appel d’offres.

Le MOP a lancé une procédure d’appel d’offres, tant pour la construction de ce gigantesque ouvrage, que pour sa mise en fonctionnement. Sur neuf entreprises (nationales ou internationales) présélectionnées, une seule a fait une proposition technique, écartant les 8 autres du projet. Finalement le projet a été adjugé à l’entreprise italienne Astaldi Concessioni S.R.L. qui s’est déjà installée dans la commune.

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© 2016 par Léa Misrahi et Antoine Burgos  de l'association Wave TravelArt  pour Chili, Culture et Solidarité

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